En se faisant connaître par l’émission Ushuaïa, « l’artiste botaniste » Patrick Blanc a proposé un nouveau regard sur les plantes de sous-bois et les plantes tropicales. De cette passion, est né probablement son concept de jardin vertical ou mur végétal. Depuis la présentation de cette « performance » en 1994 au Festival de Chaumont-sur-Loire, de nombreuses réalisations de sa main ont vu le jour, parmi lesquelles celles de l’hôtel Persching Hall et du Musée du quai Branly-Jacques Chirac, tous deux à Paris.

Une falaise naturelle

Le mur végétal ne nécessitant qu’une faible emprise au sol, il s’oppose ainsi aux jardins classiques, enclos dévoreurs d’espace. On le considère comme une réponse possible au problème des jardins en milieu urbain. Le mur végétal de Bordeaux est une sorte de falaise naturelle où fleurs et végétation combinent couleurs et textures en une véritable « tapisserie végétale ». Le plan d’ensemble a été confié à Michel Desvignes, urbaniste paysagiste, auteur du Plan vert de la ville de Bordeaux. Il n’y a pas de mystère dans ce « jardin ». Son principe est simple. Il repose sur une structure métallique de PVC expansé, recouverte d’un feutre horticole en polyamide épais de trois millimètres et de poches permettant aux racines des plantes de se développer en l’absence de substrat naturel. L’entretien est réduit car les mauvaises herbes ne peuvent s’y installer. Une taille annuelle est nécessaire afin de préserver l’harmonie d’ensemble. Cette toile végétale artificielle est alimentée en eau par de multiples circuits grâce à une technicité complexe où l’intervention de l’homme est essentielle. Deux cents espèces différentes de plantes originaires du Japon, de Chine, d’Afrique du sud et d’Amériques tapissent sa toile.

Climatiseur naturel

Avec ses 100 mètres de développement, ce mur végétal fut à l’époque de sa réalisation, le plus grand du monde. Dans un angle, une sorte de repli végétal forme une salle verte où l’eau jaillit à l’approche des visiteurs. En période de forte chaleur, ce type de jardin joue le rôle de «climatiseur» car il abaisse la température de 2 à 3°. On peut toutefois s’interroger sur l’avenir de ces réalisations coûteuses en énergie et en nutriments liquides, peu compatibles aujourd’hui avec les dogmes d’écologie urbaine et de développement durable.
Les réalisations de Patrick Blanc en France… et dans le monde.
à Paris, Hôtel Perching Hall, le Palais de la découverte, la Fondation Cartier, le quai Branly,« Les passages de l’Hôtel de ville » à Billancourt etc… d’autres jardins aussi de New-York à Séoul, de Sao Paulo à Séoul, de Los Angeles à Florence, de Madrid à Osaka. l

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Square Vinet en vert